PEUR
ET VIOLENCE
Mariano Querol*
1.
Introduction
2.
Le
chaos originel
3.
Le
magma émotionnel; plaisir et douleur, deux sentiments qui créent le lien
4.
Naissance
et expérience périnatale: amorces de différenciation
5.
Relation
entre la peur et la violence
6.
Peur,
violence et société. Le sacré.
7.
Rites
initiatiques, festivités, créativité et rébellion violente
8.
Hypothèse
et alternative
1.
INTRODUCTION
Ce qui suit est un travail
de phénoménologie dialectique (Cortés del Moral) et se trouve, du fait même,
limité par le texte écrit: dans leur essence, la peur et la violence échappent
au verbe (Luz Freyre). L’ existence en soi et le fait d’être ici sont
conditionnés par d’innombrables syntagmes que l’on ne peut tous appréhender
même si l’on peut en pressentir l’intégration riche en symboles. Tout en
sachant que le trope mène au paradigme, et que l’essentiel de tout cela se fait
évanescent dès qu’on le nomme, j’assume les mots et je les écrit.
2.
LE CHAOS ORIGINEL
Au début était le chaos et
le chaos était violent (Girard). Quiconque a travaillé sur des états de
régression aura observé le mélange confus des sentiments primordiaux: douleur
intolérable, peur insurmontable, rage inexprimable, soumission passive (devant
la menace violente), insatisfaction protéiforme et violence contenue et
inacceptable. Cette dernière est telle qu’on en a peur, car si elle venait à
s’exprimer le résultat serait catastrophique et anéantirait ceux qui détiennent
le pouvoir (père, mère ou tout autre) et sont de ce fait porteurs de violence.
Dialectiquement, on observe aussi un mélange de plaisir indicible, courage
intrépide, sérénité placide, satisfaction périodique et pacification reposant
sur l’amour et les affections profondes.
3.
LE MAGNA ÉMOTIONNEL; PLAISIR ET DOULEUR, DEUX
SENTIMENTS QUI CRÉENT LE LIEN
I1 est impossible d’isoler
les sentiments élémentaires qui surgissent pendant les premiers temps de la
vie. Satisfaction et insatisfaction, plaisir et douleur, sécurité et
insécurité, joie et tristesse, sérénité et rage, amour et rejet, peur et
courage, paix et violence, sont autant d’éléments du magma des sentiments
naissants, autant de syntagmes en puissance qui surgissent de l’ordre
indifférencié au cours de la protohistoire de chaque être. Certain de ces
sentiments perceront au gré des situations, peuvent être reconnus comme une
forme de communication ave l’autre (Merloo).
4.
NAISSANCE ET EXPÉRIENCE PÉRINATALE: AMORCES
DE DIFFÉRENCIATION
Plaisir et douleur sont des
expériences universelles qui commencent très tôt (Mannoni). I1 existe une peur
naturelle associée à l’apparition de l’univers perceptif. Etant donné que cette
apparition commence dès la phase intra-utérine de la vie, force nous est de
considérer que la peur commence pendant cette phase comme une réaction possible
devant des situations troublantes et violentes.
I1 est rare que
l’accouchement soit une expérience agréable et tranquillisante (Vallejo y
Ramirez). I1 naît généralement une peur associée à la violence de
l’accouchement – que revivent souvent les sujets en situation de régression –
et à toute la période périnatale. Se produit alors un changement brutal qui
suscite pleurs et douleur, et apparaît la peur que se reproduise tout ce que la
naissance a d’horrible dès que l’on ressent le moindre indice de ce qui a
précédé la douleur vécue antérieurement. C’est pourquoi on a considéré que la
terreur était aussi une forme de régression infantile (Alonso Fernández):
depuis sa naissance, l’être humain ne confronte pas la peur mais la porte en
lui, toujours aux aguets et prête à reparaître (Mannoni). La phase schizo -
paranoïde associe la peur à la violence. Plus encore que la peur, la violence
est à la fois un sentiment et une expression de tout sentiment dans la mesure
où, que l’on en ait conscience ou non, interviennent le pouvoir et la force de
façon insensiblement progressive pour mobiliser, subjuguer, soumettre et
finalement tuer l’autre qui cause la douleur, généralement contre le désir
conscient de autre. Plus que tout autre sentiment ou expression de sentiment,
la violence est imposée: l’autre ne veut pas y participer. Dans la
communication entre agresseur et agressé qui peut aussi déboucher, en raison du
double lien qui existe entre eux, sur l’inversion des rôles. Chaque fois qu’une
satisfaction est procurée, c’est le plaisir qui est le lien dominant. La
réciprocité est propre au lien qui unit deux sujets; en présence de trois
sujets animés de sentiments réciproques, on peut parler d’unanimité. Or l’unanimité
dans la peur conduit à manifester cette peur par les larmes, la fuite, la
violence, il naît une exaltation à caractère quasi-sacré qui va s’exprimer par
la violence envers l’autre ou envers soi-même, violence qui peut aller jusqu’à
l’anéantissement du groupe et de soi. L’unanimité peut aussi revêtir un
caractère pacificateur.
5.
RELATION ENTRE LA PEUR ET LA VIOLENCE
Les phénomènes naturels
sont perçus, à tort ou à raison, comme étant dangereux et suscitent la peur;
lorsqu’ils sont destructifs, ils soulèvent la rage, du fait de l’impuissance où
l’on se trouve de les maîtriser. Tout être vivant trouve à la fois, là où il
vit, sa subsistance et la source des dangers que suppose la vie. D’où le double
sentiment de sécurité et d’insécurité, correspondant à deux états émotionnels
de base. L’un et l’autre peuvent se manifester par des comportements et des
états personnels appropriés ou inappropriés, qui peuvent aller de la peur et de
la dépression passive á la furie, l’agression et la violence la plus aveugle.
Tout état de peur est une force, que l’on en ait conscience ou non, qui permet
une adaptation du comportement devant un danger réel ou imaginaire et tout
particulièrement devant l’inconnu. Cette force est une disposition latente
présente chez tout individu, même si certains sont plus prédisposition latente
présente chez tout individu, même si certains sont plus prédisposes que d’
autres à la manifester (Mannoni). L’identification consciente ou le fantasme
inconscient du danger déclenchent un comportement polarisé: dans un cas, la
peur est associée à la fuite ou à la soumission; dans l’autre, il existe la
possibilité de confronter le danger et de passer à l’attaque de façon
agressive, avec des réactions de furie, de colère et de brutalité dont
l’intensité sera fonction de l’intensité de la terreur inspirée par le danger
(Hacker). Quoi qu’il en soit, la peur et la violence peuvent être des
mécanismes de protection ou de vulnérabilisation de l’individu.
D’autre part, l’éthologie
montre clairement comment l’apparition d’un déprédateur ou d’un rival fait
surgir divers comportements primaires dictés par la peur, qui prennent la forme
ou de la fuite ou de la lutte, même si parfois la proximité d’un sujet de
l’autre sexe provoque une attitude de coquetterie et de flirt. La douleur
causée par la parte de l’être aimé, du père ou de la mère, s’associe dans un
sens psycho - dynamique à la peur de la solitude qui semble déjà manifeste vers
le huitième mois, et plus tard à la peur de la mort, la Brenne ou celle de
l’aute, ce qui constitue un paroxysme de violence. Vers deux ans et demi
apparaît souvent la peur de l’obscurité, le produit de l’imagination pouvant
alors causer plus d’anxiété que la réalité. La peur de l’inconnu et la peur de
la mort causent un désir ardent de pouvoir et de violence dirigés contre les
forces inéluctables qui mènent à la mort (Ackerman). La mort appartient au réel
et l’on peut donc voir en elle un danger objectif, au même titre que l’on peut
craindre la guerre, la pauvreté, le banditisme et le terrorisme.
Le lien entre la peur et la
violence est clairement perçu dans certains types de situations où la peur est
associée à l’impuissance, par exemple la violence dirigée contre l’enfant, le
viol, ou la violence dirigée contre le femme de façon générale (Ganoza et
coll.) ; la vérité est que peur et violence s’associent inéluctablement
dans l’être humain depuis sa naissance, et cette peur vient de l’existence d’un
pouvoir auquel on prête un effet anéantissant (Charles Worth, Rojas), quels
qu’en soient les détenteurs : agents de police, terroristes, médecins,
bourreaux, prêtres, guérisseurs, parents brutaux ou parents autoritaires bien
intentionnés. La simple possibilité d’exercer son empire sur l’autre
s’accompagne s’un pouvoir générateur de peur aux formes très diverses.
En tout cela, le
dénominateur commun est la douleur chez la victime de violence et le plaisir
chez son auteur. Peur et violence se confondent lorsque la douleur, devenue
intolérable, fait place au plaisir. La douleur reste tolérable tant qu’on peut
s’appuyer sur un amour (comme celui de la mère) ; l’être supporte alors la
violence (il nie sa douleur et refuse de se rendre à l’évidence) et ne restent
que malaise et rejet. L’auteur de violence a peur d’être à son tour la victime.
La rage anime la victime qui peut en arriver à vouloir être auteur de violence
à son tour, et y parviendra en exprimant protestation et rébellion (artistique,
individuelle, politique ou autre).
Souffrance, terreur,
humiliation et rébellion : tels sont les états émotionnels qui se
succèdent lorsque voit le jour une œuvre créatrice (Behelgi – Merin) tout comme
une œuvre destructrice ; l’enchaînement complet présente deux
dénominateurs communs, la douleur et le plaisir, qui, pour les participants, se
succèdent en ordre inverse puisque la victime rebelle casse de souffrir et
inflige la douleur à l’autre lorsqu’elle parvient à inverser le processus.
6.
PEUR, VIOLENCE ET SOCIÉTÉ. LE SACRÉ
Violence et peur se
confondent dans l’intimité du vécu proto-historique, proto-biographique et
proto-social de chaque sujet. Le caractère violent des rapports qu’entretient
l’home avec le reste de la nature est manifeste : devant des phénomènes
naturels inexplicables, l’être recourt aux concepts pré-logiques de divinité ou
de démon, ce qui marque l’origine du sacré qui lui-même inspire la crainte du
surnaturel associé à un pouvoir divin ou diabolique. Le cadavre inspire la
terreur et engendre la violence, surtout si la mort est l’œuvre d’une main
étrangère ou ennemie. Mais la peur ne cesse pas avec la mort : elle
persiste sous forme de peur de la résurrection.
Dans les relations de
couple, il arrive que l’un et l’autre soient porteurs de violence. Le plus
souvent, cependant, l’union sure, l’un étant porteur de violence tandis que
l’autre est habité d’une peur qui le porte à se soumettre. Le troisième cas est
celui où les deux ont peur l’un de l’autre. Loin de s’exclure mutuellement, ces
situations se combinent, alternent et se compliquent encore lorsqu’il y a
descendance.
L’enfant est un observateur-participant
(involontaire, inévitable, même s’il l’ignore et que personne ne s’en rend
compte) des situations qui entraînent l’apparition et l’apprentissage de cette
combinaison de peur et de violence. I1 peut prendre parti ou non, en
reconnaissant les sentiments et en s’identifiant à l’une ou l’autre partie,
et/ou les niant, en les rejetant ou en les confondant. Ce qui est sûr, c’est
que l’enfant est violenté par le pouvoir, qu’il apprend à avoir peur, à être
violence par des moyens ou selon des modes qui auront été conditionnés par
l’apprentissage. Le témoignage suivant est éloquent :
« Je ne veux plus
revenir, l’autre fois j’ai eu peur. Deux flics, terroristes, j’en sais rien,
étaient là, passaient, et puis une dame qui portrait de l’eau, et un des flics
a fait aah ! et m’a flanqué la trouille et je suis venu en courant et
c’est pour ça que je veux pas revenir.
-
Comment
qu’il t’a fait peur ?
-
I1
m’a fait aah ! et m’a montré son poignard… comme ça… » (Barea)
On voit bien ici comment se
confondent les sentiments de peur devant le pouvoir meurtrier que représentent
les « flics » et les terroristes, tous deux menaces de désolation,
porteurs de symboles destructeurs et annonciateurs de la douleur la plus
intolérable.
L’histoire et l’art
permettent de saisir, de sentir clairement la transition et l’intégration des
émotions : violence, souffrance, terreur, soumission, rébellion et
plaisir. Quelle que soit l’interprétation que l’on donne de l’Inquisition
(Eimeric, Tubrerville) ou du nazisme (Fest), pour ne prendre que deux exemples,
on y trouve les éléments fondamentaux : le sacré (que ce soit dieu ou le
nationalisme) fait apparaître un désir violent de pouvoir, de prosélytisme, de
destruction et d’humiliation des adversaires (Rin). I1 convient d’assimiler dans
sa totalité le concept de la simultanéité émotionnelle intégrée. Dialectique
éternelle d’un tout contradictoire dans lequel s’intègrent vie et mort, peur et
courage, tolérance et intransigeance, douleur et plaisir. L’enchaînement
conflictuel de la peur, de la soumission au pouvoir, et de la violence se
dégage nettement des structures sociologiques actuelles (McGregor et coll., San
Martín). Les émotions sociales doivent y être considérées comme un modèle de
l’intégration des émotions individuelles. L’individu ou le pays auteur de
violence a peur de la rébellion possible et justifiée de la victime de
violence : on retrouve le jeu psychodynamique du maître et de l’esclave
(Lacan), qui résulte des grands avantages obtenus grâce à la rapacité
antérieure (désavouée, démentie et censément oubliée) des puissances du premier
monde qui ont capitalisé les richesses extraites des pays du tiers monde qu’ils
ont ainsi appauvris (Galeano). La façon dont s’exprime la violence peut être
ingénieusement déguisée et, sur la scène internationale contemporaine, elle
revêt la forme structurale du néo-colonialisme ; l’effet pour le tiers
monde est de sentir que la paix n’est possible que grâce à des pressions,
actuellement justifiées en droit, qui freinent la possibilité de démarrage et de
développement social et ont pour effet de menacer le sentiment d’autonomie et
de liberté personnelles, de diminuer le respect de soi, et de faire surgir
servilité, rébellion et terrorisme.
7.
RITES INITIATIQUES, FESTIVITÉS, CRÉATIVETÉ ET
RÉBELLION VIOLENTE
Peur et violence sont
omniprésentes. Ce sont des émotions qui relèvent du sacré, lui-même archétype
du tout-puissant et de l’inaccessible. Cérémonies sacrées, sacrifies rituels,
tueries de représailles, fêtes et rites initiatiques, font partie de jeu de tension
et de détente des forces tant créatrices que destructives; ce sont les
mécanismes de substitution et de compensation face à la frustration que cause
l’impossibilité d’accéder au sacré ; d’une part, chacun de ces évènements
est une manifestation d’effervescence émotionnelle grâce à laquelle la gaîté de
la fête cache la terreur de la mort, et la terreur de la mort cache la
satisfaction de tuer l’ennemi. Les rites initiatiques, tout comme
l’entraînement de troupes d’élite, servent à montrer que l’on a vaincu la peur,
et que seule subsiste la violence à laquelle on peut impunément laisser libre
cours sans éprouver de peur. D’autre part, la peur, au même titre que la mode
ou certaines activités de sport amateur, est une manifestation de cohésion
sociale. Lorsqu’elle est collective, la peur, la violence et le sacré. Ce qui
est satanique peut terroriser tout aussi bien que ce qui est divin. La peur à
caractère profane surgit à tous les niveaux et coexiste avec la violence aussi bien structurale (misère, néo-colonialisme,
moralisme) que spécifique (peur du nucléaire, de la bombe, et de la guerre qui
est aussi une peur de perdre la guerre). Dans tous les cas, on retrouve
implicitement la peur de perdre la vie et le salut terrestres et éternels. La
représentation esthétique renferme la peur et la violence sous une apparence de
tranquillité et de paix. Ainsi, la répression brutale instinctive et les
tueries de rebelles, de héros et d’ennemis de la foi sous-tendent les
expressions même les plus pures de cette paix virginale. Sous couvert de
justice et en invoquant la loi, on soumet à la brutalité et à des brimades
violentes des milliers d’êtres qui souvent n’ont enfreint cette loi que pour
des raisons qui sont à la racine même de l’injustice. Le ,magma émotionnel archaïque
reste une constante de l’humanité, indépendamment des siècles écoulés et d’une
apparence de civilisation qui aurait pu atténuer les aspects néfastes du chaos
originel. L’homme se situe au sommet de ce chaos se trouve l’homme étant
l’aboutissement du raffinement comme de l’horreur, du mieux et du pire qu’il
puisse se faire lu même faire à l’autre et à ce qui est autre que lui.
8.
HYPOTHÈSE ET ALTERNATIVES
La plainte, la
supplication, n’est autre que
l’expression de celui qui subit la violence quand il est sous l’empire de la
peur. La protestation, elle, est l’expression de celui qui est l’objet de
violence quand la rage est le sentiment prédominant. La manifestation non
violente, la protestation non destructive, considérées comme expressions du sentiment
qui mobilise la majorité silencieuse et immobile, offrent de grandes
possibilités susceptibles de mener à une rencontre de l’opprimé et de
l’oppresseur. Parfois le dialogue n’est pas possible puisqu’il suppose de
puissants éléments rationnels mais que ceux-ci, de par leur force même,
deviennent irrationnels. Or le mot « dialogue » n’a de sens que si
l’on entend par là une véritable possibilité de communication. Mais il faut
arriver coûte que coûte à la communication, et le dialogue n’est que l’une des voies
qui y mènent. D’où l’importance des échanges culturels, souvent plus porteurs
de paix que des heures passées autour d’une table de négociation.
La violence génératrice de
peur et de douleur est nécrophile. I1 est impératif de découvrir une violence biophile
qui se fonde sur l’amour de la vie et permette le recours à la lutte et à la
force dans ce but, une violence qui favorise l’agréable de la vie d’autrui sans
compromettre la sienne. Cependant, on ne saurait y parvenir uniquement avec
l’amour puisque l’amour est polarisé par définition. I1 faudra qu’interviennent
à la fois amour et rejet, les force nécrophiles et les forces biophiles
(propres et extérieures) sont des aspects de la structure complexe des
possibilités qui existent de canaliser une violence qui ne soit plus
destructive, mais qui continue, quel que soit le nom qu’on lui donne, de
stimuler les possibilités de progrès et de croissance en soi et chez les
autres, au plan individuel comme au plan social.
A partir de la désolation
du chaos, le développement humain sans peur ou avec le moins de peur possible
pourrait être le fondement d’une humanité capable d’exprimer la violence
primaire animale en en minimisant les côtés destructive ment humains et
humainement destructifs, d’une humanité dans laquelle on puisse proclamer
solidairement : « et la lumière fut ».
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